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Prévision taux

Prévision des taux hypothécaires – mars

En Europe, les confinements engendrent des ralentissements économiques de 5 à 10%. En comparaison, avec 2%, la récession a jusqu’à présent touché moins sévèrement la Suisse. Les craintes liées à l’inflation aux États-Unis ont alimenté une hausse rapide des taux d'intérêt des marchés financiers du monde entier. Le taux swap à 10 ans a augmenté de 23 points de base en février. Les taux hypothécaires à moyen et long terme n'ont pas échappé à ce phénomène et ont, dans certains cas, gagné jusqu'à 13 points de base. Nous présumons qu'il s'agit d'une hausse temporaire des taux d'intérêt et qu'ils se stabiliseront à nouveau, bien qu'à un niveau légèrement plus élevé qu'en 2020, notamment en raison de la situation macroéconomique difficile qui persiste dans les zones économiques importantes pour la Suisse (zone euro, États-Unis).

Grâce aux nouvelles négociations entreprises par MoneyPark, nos clients bénéficient des conditions suivantes (au 28 février 2021): 2 ans: à partir de 0,47% / 5 ans: à partir de 0,52% /10 ans: à partir de 0,80% / 15 ans: à partir de 1,10%.

Situation macroéconomique

Le commerce mondial atteint son niveau d'avant-crise, le tourisme stagne  

Selon les dernières données en temps réel, le commerce mondial des marchandises s'est stabilisé à son niveau pré-pandémie. C'est ce que montrent les données du fret maritime pour les exportations de l'Asie, des États-Unis et des pays de la zone euro, qui représentent plus de 90% des exportations mondiales. En revanche, l'industrie aérienne a subi un nouveau revers en janvier 2021. De nombreux états ont imposé des restrictions de voyage supplémentaires pour se protéger contre les mutations du virus. Cela entraînera une nouvelle diminution des mouvements aériens. De plus, les mesures d'austérité prises en Europe ces dernières semaines ont entraîné comme prévu un nouvel écart de PIB d'environ 5 à 10%.

Suisse: léger ralentissement économique

En raison des fermetures du 18 janvier 2021, les dépenses de consommation sont actuellement inférieures d'environ 20% au niveau de l'année précédente en Suisse. Les ventes au détail de produits non alimentaires ont diminué d'environ 60% depuis le début de l'année. Étant donné que la consommation privée représente environ un cinquième du PIB suisse, l'économie nationale devrait diminuer de 4%, selon les calculs. Toutefois, les données en temps réel affichent jusqu'à présent une baisse d'environ 2%, laissant présager que les conséquences sur l’économie suisse pourraient être limitées à la suite de cette deuxième vague de fermetures. Le facteur décisif sera la rapidité avec laquelle les ouvertures progressives se produiront et les conséquences de l'augmentation de la mobilité sur le nombre de nouvelles infections. L'évolution des vaccinations joue également un rôle central.

Forte hausse des taux d'intérêt sur les marchés des capitaux

À l'heure actuelle, les acteurs du marché aux États-Unis estiment que les vastes plans de relance vont surcompenser l'écart économique et provoquer une hyperinflation. La peur de l'inflation a récemment engendré une forte augmentation des taux d'intérêt aux États-Unis, ce qui s'est répercuté sur l'Europe et la Suisse. Au cours des trois dernières semaines, les taux d'intérêt à long terme sur le marché des capitaux ont augmenté d'environ 30 points de base, même si la Banque nationale suisse (BNS) ne prévoit pratiquement pas d'inflation en Suisse pour les deux prochaines années. Les taux d'intérêt à long terme devraient se stabiliser au niveau actuel et ne devraient pas augmenter davantage de manière durable.

Évolution des taux d’intérêt

Forte hausse des taux d'intérêt hypothécaires

Les taux indicatifs, c'est-à-dire les taux hypothécaires moyens de 150 banques, compagnies d'assurance et caisses de pension, ont fortement augmenté en février par peur de l'inflation aux États-Unis. L'échéance à 10 ans est ainsi revenue au niveau de mars 2020, peu après le début de la crise du coronavirus. Les échéances à 5 ans ont connu une hausse moins prononcée, le taux indicatif n'ayant augmenté que de six points de base.

La fourchette reste large

La fourchette entre le taux indicatif et le meilleur taux, soit le meilleur taux négocié par MoneyPark, reste large. Malgré la hausse des taux d'intérêt sur le marché des capitaux, les fournisseurs de prêts hypothécaires luttent pour gagner des clients et acceptent une marge plus faible que le mois précédent. C'est particulièrement le cas pour les échéances à court et à moyen terme. Alors que le taux indicatif de l'hypothèque à taux fixe à 5 ans a augmenté de six points de base, le meilleur taux a lui diminué de trois points de base.

Le taux swap à 10 ans redevient positif

Les taux d'intérêt du marché des capitaux ont augmenté beaucoup plus fortement que les taux hypothécaires. Le taux swap à 10 ans a augmenté de 23 points de base, pour atteindre 0% le 25 février. C'est la première fois qu'il est positif depuis mai 2019. Toutefois, les observateurs du marché supposent que le pic a été atteint et que les taux d'intérêt vont à nouveau se stabiliser. Le fait que les taux hypothécaires n'aient pas augmenté dans la même mesure témoigne de la concurrence prévalente entre les fournisseurs de prêts hypothécaires.

Prévision de l’évolution des taux

Les réactions excessives du marché s'atténuent rapidement

La peur de l'inflation aux États-Unis et les hausses des taux d'intérêt qui en ont découlé sont arrivées soudainement dans le monde entier. La frénésie de certains acteurs du marché a pris de nombreux économistes par surprise. Ce phénomène est plus susceptible de n'être qu'un feu de paille que d'annoncer un changement de cap fondamental concernant les taux d'intérêt. En effet, tout d'abord, l'Europe et la Suisse sont actuellement loin d'enregistrer une inflation élevée. Ensuite, dans un contexte de dettes élevées, les autorités monétaires ne décideront de relever les taux d'intérêts que si la stabilité des prix est sérieusement menacée. Finalement, la reprise économique reste faible ou est encore incertaine.

Une nouvelle hausse des taux d'intérêt interrompue

MoneyPark suppose que la hausse des taux d'intérêt n'était que temporaire et que les taux hypothécaires se stabiliseront au niveau actuel, c'est-à-dire à un taux légèrement supérieur à celui de 2020. Le marché hypothécaire laisse présager que la concurrence entre les fournisseurs va à nouveau s'intensifier. Certains prestataires de capitaux alternatifs, tels que les caisses de pension et les fondations de placement, réalisent de nouveaux investissements dans la classe d’actifs hypothécaires ou prévoient d'augmenter leurs parts dans le domaine dans les mois à venir, et ce malgré la hausse à court terme des taux d’intérêts. Cette situation devrait permettre d'éviter une nouvelle augmentation des taux d'intérêt, en particulier pour les financements hypothécaires standards.

Recommandations

  • À l'heure actuelle, il est particulièrement important de suivre l'évolution du marché des capitaux et du marché hypothécaire et de profiter des offres avantageuses à court terme. Il n'y a, pour l’instant, pas lieu de s'inquiéter de la forte hausse des taux d'intérêt hypothécaires ni de spéculer sur la poursuite de la baisse des conditions.
  • À cause de l'importante fourchette de conditions, solliciter plusieurs offres pour un crédit hypothécaire reste indispensable.
  • Il est intéressant de faire appel à un spécialiste en prêt hypothécaire comme MoneyPark pour plusieurs raisons: tout d'abord, le potentiel d'économie est énorme ; plusieurs milliers de francs par an, selon les cas. Ensuite, l'intermédiaire prend en charge les longs processus de dépôts de dossiers et les négociations avec les différents partenaires hypothécaires.

 

Risk Index

Risk Index – L’explosion de la demande et la confiance économique réduisent temporairement les risques

Le Real Estate Risk Index (RERI) de MoneyPark a baissé de 0,3 points d’indice pour s’établir à 3,5 au quatrième trimestre 2020. Le baromètre s'est donc affaibli, passant de la zone « risque légèrement marqué » à la zone « risque modéré ». Toutefois, la valeur se situe à la limite de ces zones et la poursuite du développement est quelque peu incertaine. La valeur d’indice ne s’était pas établie à une valeur similaire depuis la mi-2019.

Comme au troisième trimestre 2020, la forte amélioration des chiffres et des perspectives de l'économie suisse d'exportation et la stabilité de la consommation intérieure sont les principaux responsables de l'affaiblissement des risques. Le Purchase Manager Index Industry (PMI) affiche une valeur qui se situe à nouveau clairement dans la zone de croissance. C'est un signal positif. Toutefois, le confinement (à partir du 18 janvier 2021) affaiblira gravement la consommation privée en Suisse. En outre, le secteur industriel est également susceptible de ressentir les conséquences négatives de la troisième vague de coronavirus qui se répand dans le monde entier.

Le marché suisse des propriétés bénéficie de la stabilité durable d'un environnement à bas taux d'intérêt et continue de reposer sur des bases très solides. L'importance du logement a augmenté en raison de la pandémie et se manifeste par une demande accrue pour des logements résidentiels, qui devrait être plus élevée qu'à la même période l'année dernière. D'autre part, l'offre sur le marché a légèrement diminué par rapport à 2019. Des vagues de ventes dues à une baisse des revenus ou au chômage n'ont pas encore eu lieu ou ne sont pas en vue. En outre, les exigences élevées concernant le taux d'endettement (durable) imposées aux emprunteurs hypothécaires sont une sécurité. Les maisons individuelles en périphérie sont particulièrement demandées actuellement. Cela se traduit par une hausse significative des prix. Le prix des appartements en copropriété a également augmenté au quatrième trimestre, mais il n'est que très légèrement supérieurs au prix constaté à la fin 2019.

Synthèse et recommandations

  • Entre-temps, il a été confirmé que la pandémie renforce le marché immobilier. Les nouvelles envolées des prix pour les biens situés à proximité des centres urbains, et une nouvelle dynamique de la demande apparaît, en particulier dans les zones qui affichent des prix plus bas.
  • Des opportunités d'achat attrayantes peuvent être trouvées, compte tenu de la disparité des niveaux de prix selon les régions. Il est capital d’avoir une vue d'ensemble du marché qui tienne compte des préférences individuelles du nouvel acheteur potentiel ainsi qu’un accès rapide à une solution de financement.
  • La fourchette des taux d'intérêt hypothécaires proposés entre les prestataires les moins chers et les plus chers du marché est importante. Aujourd'hui, cette différence a même atteint un nouveau sommet historique. En deux ans environ, elle a augmenté de plus de 40%. Cela souligne à quel point il est important d'obtenir plusieurs offres sur le marché hypothécaire, afin de trouver l'offre individuelle la plus intéressante.
  • Nous partons du principe que l'importance du logement va continuer à se renforcer. En effet, les coûts de logement peuvent être considérablement réduits lors de l'achat d'une maison. C’est un avantage important qui encourage l’acquisition d’une propriété résidentielle, surtout dans un contexte économique difficile. L'augmentation massive de l'épargne durant la pandémie - environ 30 milliards de francs suisses - pourrait aider à réunir les capitaux nécessaires. Les exigences élevées concernant le taux d'endettement garantissent que les difficultés de paiement, les ventes soldées (ventes forcées) ou les défauts de paiement ne se produiront plus que dans des cas exceptionnels à l'avenir.
  • Nous prévoyons une augmentation continue du prix des logements au cours des prochains mois. Des hausses de prix supérieures à la moyenne peuvent être observées pour les maisons individuelles, en particulier en périphérie. Dans les grandes villes comme Zurich ou Genève, en revanche, on s'attend à ce que les niveaux de prix très élevés stagnent ou baissent légèrement. Cela devrait permettre d'y éviter une nouvelle détérioration de la situation des prix.
  • Dès que la crise du coronavirus aura été contenue, selon les estimations actuelles, au plus tôt au second semestre 2021, on peut s'attendre à des effets de rattrapage avec des volumes de transactions supérieurs à la moyenne. Les acheteurs continueront probablement à bénéficier de conditions de financement très avantageuses.
  • Nous portons un regard plus critique sur la situation des immeubles de rendement. Le niveau des prix a atteint un niveau problématique dans de nombreuses régions ces dernières années et la demande en location est parfois très limitée (risque accru d'inoccupation). Cela rend les prévisions difficiles. Le marché des bureaux doit faire face à la baisse de la demande due à la hausse de home office, et dans le cas des biens commerciaux, la baisse des ventes physiques au détriment du commerce en ligne oblige à optimiser davantage les coûts ou à fermer des succursales. 

Résultats détaillés

Les indicateurs mettent en évidence un aplatissement des risques sur le marché immobilier résidentiel suisse

Sur une échelle de 0 (aucun risque) à 6 (risque imminent de bulle), le RERI MoneyPark diminue de 0,3 points pour s’établir à 3,5 points au quatrième trimestre 2020. Cela signifie que, non seulement l'augmentation liée au coronavirus des deux premiers trimestres de 2020 a été inversée, mais cette valeur se situe même à un niveau légèrement inférieur (similaire à celui de mi-2019). L’état actuel implique un risque moyen sur le marché immobilier suisse.

Forte croissance des prix et augmentation de la demande en maisons individuelles à cause de la pandémie

Le quatrième trimestre de 2020 montre une nouvelle augmentation de l'indice consolidé des prix de l'offre pour les maisons individuelles (MI) et les copropriétés (PPE). Avec 166,2 points d'indice, une augmentation de 1,7% a été enregistrée. Cela représente un sommet historique. L'augmentation est particulièrement marquée dans le segment des maisons (+ 4,2% en 2020). En comparaison, l'augmentation des PPE est modérée à 0,4% pour 2020.

La dynamique des transactions n'est que légèrement inférieure au niveau de l'année précédente, malgré la deuxième vague de coronavirus

Le nombre de propriétés en vente au quatrième trimestre 2020 est égal à celui du troisième trimestre, mais légèrement inférieur à celui de la même période l'année dernière. La demande reste élevée. En plus des effets de ceux déjà accumulés, d'autres effets de rattrapage devraient s'ajouter dans les mois à venir.

Les mutations du virus affaiblissent la reprise de l'économie mondiale

Les mutations hautement contagieuses qui sont apparues ont fait augmenter les nouvelles infections dans le monde entier à un rythme alarmant. Afin d'éviter un effondrement du système sanitaire, des fermetures strictes ont été mises en œuvre dans de nombreux pays européens.

Les conséquences économiques sont dramatiques. La consommation s'effondre, le climat d'investissement des entreprises est durablement perturbé et le commerce mondial est à nouveau fortement freiné par la nouvelle flambée de la pandémie au nord de l'Asie.

Suisse: la reprise est terminée et un fort ralentissement économique est attendu dans les prochaines semaines

Les nouvelles restrictions, qui sont entrées en vigueur le 18 janvier, sont proches d'une fermeture stricte et mettent en grande partie fin à la gestion « swiss way » de la pandémie. Après quelques mois réjouissants, il faut donc s'attendre à ce que la consommation privée, qui représente plus de la moitié du produit intérieur brut de la Suisse, soit à nouveau durement touchée. Les achats de rattrapage ne sont guère possibles ou seront encore reportés.

La diminution de l'économie suisse à cause de l'arrêt des activités continue de faire baisser les taux d'intérêt

Les restrictions adoptées entraîneront sans aucun doute un autre ralentissement économique important. La victoire contre la pandémie devra être « reportée » à cet été. Le début de la vaccination ne devrait pas changer cela pour l'instant. La Banque nationale suisse est donc toujours obligée de poursuivre sa politique monétaire ultra-expansive orientée par la Banque centrale européenne, afin d'éviter que l'économie suisse, tournée vers l'exportation et qui a enregistré de meilleurs résultats ces derniers mois, ne soit étouffée par une appréciation du franc suisse.

La détérioration dramatique de la situation infectieuse dans le monde entier, et en particulier en Europe, atténue l'euphorie de surmonter la pandémie. En outre, des risques importants voilent la poursuite du développement de l'économie mondiale: notamment le Brexit, la passation de pouvoir aux États-Unis, l'accord-cadre entre la Suisse et l'UE ou encore les tensions entre la Chine et les États-Unis.

Les taux d’intérêts hypothécaires devraient rester bas

L'éventail des offres de taux d'intérêt pour les prêts hypothécaires reste important. Nous voyons certains signes indiquant que la pression concurrentielle entre les fournisseurs de prêts hypothécaires s'intensifiera à nouveau dans les prochains mois. En outre, compte tenu de la persistance de l'environnement de taux d'intérêt négatifs, les banques intensifient leurs activités de prêt, c'est-à-dire de financement. Cette situation devrait continuer à exercer une pression modérée sur les marges historiquement importantes des investisseurs hypothécaires et tendre vers une baisse des taux.

L'endettement des propriétaires ne génère pas de risques supplémentaires

Le pourcentage des prêts hypothécaires par rapport au total des actifs était en moyenne de 58% au quatrième trimestre. Il n’en découle aucun risque supplémentaire pour le marché immobilier.

Sous-indices du RERI

Endettement des ménages en cas de nouveaux financements

L’endettement réel des ménages est mesuré par la proportion de l’hypothèque par rapport au total des actifs disponibles (y compris les fonds des 2e et 3e piliers). Le montant de l’hypothèque n’est pas le seul facteur à être considéré, les actifs réels sont également inclus. Tous les nouveaux financements au cours de la période sous revue sont pris en compte dans ce calcul.

Le taux d’endettement augmente, mais reste faible et n'entraîne pas de risques supplémentaires

La dette a augmenté au cours du dernier trimestre. La part de l'hypothèque (dette) dans le total des actifs s'élève en moyenne à environ 59% au quatrième trimestre 2020 (46% au trimestre précédent). Cela signifie que l'endettement des ménages est plus élevé qu'au cours des trimestres précédents. Néanmoins, ces valeurs n'entraînent pas de risques supplémentaires. La valeur limite est de 66%, soit un niveau nettement plus élevé.

Fourchette d’offres des taux hypothécaires

L'éventail des conditions reste très large, et s'élargit maintenant aussi pour les échéances à moyen terme

L'écart de taux d'intérêt entre les prestataires les plus compétitifs et les plus chers reste très élevé au quatrième trimestre 2020. Avec 0,96% (0,88% au trimestre précédent), l'éventail a même atteint un nouveau niveau record. Il y a environ deux ans, cette fourchette était inférieure de 0,30 point de pourcentage à la valeur actuelle.
Un examen plus approfondi révèle qu'il y a une (forte) expansion pour les échéances à court et surtout à moyen terme, due à une augmentation des taux d'intérêt les plus chers. En revanche, l'échéance la plus populaire, l'hypothèque à taux fixe sur dix ans, a plutôt montré la tendance inverse ces dernières semaines. Elle affiche en effet un resserrement dû à une baisse des taux d'intérêt les plus élevés. Les taux d'intérêt les plus élevés pour les hypothèques à taux fixe sur 5 ans ne se situent donc plus que quelques points de base au-dessous des conditions applicables aux hypothèques sur 10 ans.
Cependant, sur l'ensemble du trimestre, la fourchette de l'hypothèque à taux fixe sur 10 ans reste énorme, avec 1,02%. Vers la fin de l'année, le niveau des meilleurs taux (conditions les moins chères) a légèrement augmenté, l'intensité de la concurrence s'étant temporairement atténuée.

Potentiel d’économies fortement marqué

Sur la base d’un montant d’hypothèque de 800'000 francs et d’une durée de dix ans, le preneur d’hypothèque peut réaliser des économies significatives sur les charges d’intérêts. Avec un meilleur taux d’intérêt actuel négocié par MoneyPark de 0,65% par an, le potentiel d’économies est le suivant :

Coûts de garantie des crédits

Arrêt de l'aplatissement de la courbe des intérêts, la volatilité du marché des capitaux reste faible

Les taux du marché des capitaux ont également été moins volatils au quatrième trimestre par rapport au premier semestre 2020. Le taux d’intérêt du marché des capitaux à 10 ans a oscillé entre -0,24% et -0,38% dans une fourchette aussi petite (0,14%) que celle du trimestre précédent (0,15%). La courbe de rendement ultraplate (écart entre les taux swap à 2 ans et à 10 ans) est devenue légèrement plus raide à cause d'une légère baisse du taux à 2 ans. Le taux swap à 10 ans reste pratiquement inchangé. Cependant, la courbe reste extrêmement plate (moins de 50 points de base). Cela est lié à l'opinion du marché selon laquelle la récession de l'économie mondiale n'est pas (encore) terminée.

Prévision pour les prochains mois: la pression concurrentielle en faveur d'une baisse des taux hypothécaires

Nous estimons que les taux d'intérêt du marché des capitaux devraient se stabiliser au niveau actuel au cours des prochaines semaines, avec des fluctuations à court terme dans les deux sens. Le facteur décisif pour le développement de l'économie et des taux d'intérêt sera l'endiguement de la pandémie. En outre, la poursuite du développement de l'accord-cadre entre la Suisse et l'UE et le déroulement du Brexit jouent un rôle important.

Le marché hypothécaire présente des signes clairs que la concurrence entre les fournisseurs va à nouveau s'intensifier. Certains fournisseurs de capitaux alternatifs, tels que les caisses de pension et les fondations d'investissement, réalisent de nouveaux placements dans des hypothèques ou prévoient d'augmenter leurs parts dans les mois à venir. Les banques et les compagnies d'assurance sont préoccupées par le maintien ou le développement de leurs parts de marché. Cette situation devrait entraîner une baisse des meilleurs taux, en particulier pour les financements hypothécaires standards.

Indices des prix

Les prix de l'offre pour les propriétés atteignent un nouveau sommet historique

Au quatrième trimestre 2020, l'indice consolidé des prix de l'offre pour les maisons individuelles (MI) et les d’appartements en propriété (PPE) a progressé de 1,7% (plus forte hausse trimestrielle depuis 2012). Et ce n'est pas tout: avec un indice de 166,2 points, un sommet historique a même été atteint.
La forte hausse du quatrième trimestre est principalement due aux prix de l'offre des maisons individuelles, qui ont augmenté de 2,3% (1,3% au troisième trimestre 2020), tandis que les prix de l'offre des appartements en propriété n'ont que légèrement augmenté de 1,1 % (0,2% au troisième trimestre 2020). En période de faible mobilité et d'augmentation du home office, les maisons individuelles sont privilégiées par les acheteurs en raison de leur plus grande surface habitable et de leur caractère privé. Cela a conduit à une augmentation de 4,2% des prix de l'offre en 2020.

Nous portons un regard plus critique sur la situation des immeubles de rendement (buy to let). Le niveau des prix a atteint un niveau problématique dans de nombreuses régions ces dernières années et la demande en location est très limitée, en particulier dans les zones rurales. Dans de nombreux cas, il en résulte un risque accru d'inoccupation. Néanmoins, l'activité de construction d'immeubles locatifs reste élevée. Ainsi, l'offre devrait continuer à croître sans augmentation apparente de la demande.
Le marché de l'immobilier commercial (bureaux, commerces) présenterait également un risque nettement plus élevé que le segment des propriétés résidentielles, si l'activité de construction reste au même niveau et si le chômage augmente. Le marché des bureaux doit faire face à la baisse de la demande due à la hausse de home office, et dans le cas des biens commerciaux, la baisse des ventes physiques au détriment du commerce en ligne oblige à optimiser davantage les coûts ou à fermer des succursales.

L'indice des prix à la consommation est resté inchangé à 98,7 points d'indice.

Dans le segment du luxe (propriétés de plus de deux millions), les prix de transaction ont à nouveau fortement augmenté après une baisse au premier semestre 2020. Ceci est principalement dû à la forte augmentation de la demande. Toutefois, dès que ce groupe restreint d'acheteurs redeviendra plus prudent, les prix pourraient être soumis à une pression tout aussi forte.

Taux de chômage

Le chômage partiel stabilise le marché du travail, mais l'évolution à venir est très incertaine

Après avoir augmenté de 1,0 point de pourcentage au cours du premier semestre de l'année et une légère diminution au troisième trimestre, le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 3,4% au quatrième trimestre. Le taux de chômage moyen en 2020 est donc de 3,1%, soit un point de pourcentage de plus que l'année précédente. Cela signifie qu'il reste plus bas que lors de crises moins importantes ou de périodes de faiblesse économique, comme la crise des dotcom de 2002, la crise financière de 2008 ou l'appréciation du franc suisse par rapport à l'euro dans les années 2010.
L'indemnisation du chômage partiel, qui a rempli son rôle et a (jusqu'à présent) empêché une vague de licenciements, est la principale raison de l'évolution globale relativement modérée de l'emploi. Toutefois, les chiffres moyens masquent également des évolutions désastreuses dans des secteurs spécifiques, tels que l'hospitalité. Le taux de chômage y était de 9,3% en décembre, soit près de deux fois plus que l'année précédente (5,1%).

Selon les enquêtes menées par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), 163'545 chômeurs étaient inscrits auprès des offices régionaux de placement (ORP) à la fin décembre 2020, soit environ 15'000 personnes de moins qu’à fin septembre 2020. Au cours de la même période, le nombre de jeunes chômeurs (15 à 24 ans) est passé d'environ 19'000 à 17'700. Le nombre de demandeurs d'emploi a également augmenté au cours du quatrième trimestre d'environ 22'000 pour atteindre environ 260'000.

Selon le SECO, le développement continu du marché du travail est très incertain et dépendra probablement largement de l'endiguement de la pandémie. Les nouvelles inscriptions au chômage partiel seraient à nouveau en augmentation. Pour janvier, le SECO s'attend à ce que le taux de chômage augmente à environ 3,8%.

Indice des directeurs d’achat (Purchasing Manager Index)

Le PMI de l'industrie enregistre une nouvelle augmentation et le secteur des services se situe au seuil de croissance

Après une importante chute au premier trimestre, un ralentissement au deuxième et une reprise étonnamment forte au troisième trimestre, le PMI de l'industrie a enregistré une nouvelle hausse au quatrième trimestre.

Bien que le PMI de l'industrie ait très légèrement baissé en octobre (- 0,8 point), il a affiché une forte croissance en novembre (+ 2,9 points) et en décembre (+ 2,8 points) et se situe maintenant à 58 points, soit bien au-dessus du seuil de croissance de 50 points. C'est une évolution très positive et inattendue vu les nouvelles restrictions commerciales à la suite de la deuxième vague de coronavirus. Deux raisons principales devraient en être la cause : premièrement, contrairement au printemps, les chaînes d'approvisionnement ont mieux fonctionné et deuxièmement, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont maîtrisé la pandémie. L'industrie suisse peut tirer un grand profit de la demande accrue en provenance d'Asie. Elle en profite aussi indirectement en tant que fournisseur, par exemple pour l'industrie automobile allemande.

La situation dans le secteur des services est moins encourageante. La deuxième vague de coronavirus a provoqué un affaiblissement du PMI des services. Un effondrement similaire à celui que nous avons dû accepter lors de la première vague ne s'est heureusement pas produit jusqu'à présent. Avec une moyenne trimestrielle de 49,2 points, le PMI des services se situe juste en dessous du seuil de croissance. En comparaison, ce chiffre était tombé à un niveau record de 21,4 points en avril. Apparemment, les mesures moins restrictives pour contenir la pandémie (le « corona swiss way ») ont eu ici un effet positif. La sous-composante « Activité des entreprises » (contrepartie de la « Production ») n'a pas changé au niveau de la zone de croissance, à 53,0 points.

Prévision des taux

Prévision des taux hypothécaires – décembre

La concurrence pour les volumes hypothécaires diminue en cette fin d’année, ce qui entraîne une hausse des meilleurs taux.

Les retombées économiques de la deuxième vague de coronavirus continuent de maintenir les taux d'intérêt hypothécaires à des niveaux bas. Grâce à sa gestion de la crise sanitaire et à une consommation toujours importante, la Suisse est moins affectée économiquement que l'UE. Le meilleur taux, l'hypothèque à taux fixe sur dix ans, très populaire auprès des clients, a enregistré une hausse remarquable le mois dernier. Cela s'explique par le fait que la concurrence pour les volumes hypothécaires a diminué vers la fin de l'année. Le résultat est une augmentation de 14 points de base pour atteindre 0,79% en trois semaines. Cela signifie que le pic annuel de 0,82% de juin 2020 a presque été atteint.

Les taux indicatifs, en revanche, sont restés stables et devraient continuer ainsi durant les prochains mois. De même, le niveau général des taux d'intérêt devrait rester bas pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Il est important d'être vigilant en ce qui concerne les échéances plus longues et de comparer les conditions. Nous partons du principe qu'il y aura toujours des prestataires individuels qui pratiqueront des tarifs inférieurs aux meilleurs taux actuels.

Situation macroéconomique

Après la reprise, l'écart de PIB se creusera à nouveau

Comme on le craignait, la production économique a de nouveau diminué de manière significative en novembre dans de nombreux pays européens, à cause de nouveaux confinements (partiels). Début novembre, l'indicateur hebdomadaire du PIB pour l'Autriche montre qu'après la fermeture des restaurants, bars et sites culturels, le PIB a diminué d'environ sept pour cent par rapport à la même période l'année dernière. Cela donne à penser que même des mesures « intermédiaires » entraîneront des pertes considérables. Dans de nombreux pays européens, les indicateurs en temps réel montrent que la productivité est également en baisse en raison de l'augmentation du nombre de cas ces dernières semaines et que la reprise économique a été interrompue.

Suisse: la consommation reste relativement soutenue

Bien que le nombre de nouveaux cas ait maintenant considérablement diminué, notamment en raison de confinements partiels dans les cantons de Suisse occidentale, la Suisse affiche toujours l'un des taux d’infection par habitant les plus élevés d'Europe.

Les données en temps réel montrent que le repli semble avoir cessé pour l'instant. En effet, après s'être montrés plus réservés en octobre, les Suisses se sont à nouveau aventurés un peu plus loin pour leurs loisirs et leurs achats en novembre. La tendance au home office n’a pas augmenté de manière significative en novembre.

La consommation privée en Suisse n'est pas restée insensible face à la « deuxième vague » et aux nouvelles restrictions. Il est probable que les dépenses de consommation aient affiché un léger recul au cours des dernières semaines. Cependant, il n'y a aucun signe d'effondrement comme lors du confinement de printemps. La consommation reste relativement soutenue.

La Suisse pourrait mieux s'en tirer que l'UE

Pour l'instant, il semble que le « Swiss Way », avec un confinement partiel évité pour une majorité de cantons, pourrait fonctionner à l’échelle nationale. Bien que le nombre de nouvelles infections soit encore élevé, il a considérablement diminué ces dernières semaines. Cela pourrait signifier que notre pays sortira de la deuxième vague avec des dommages économiques limités.
En revanche, de nombreux pays européens risquent de subir un sérieux revers en matière de développement économique. Il faut espérer que la deuxième vague s'affaiblira considérablement dans les semaines à venir et qu'au moins une partie des affaires de Noël pourront être enregistrées.

De sombres perspectives pour l'économie mondiale

Les prévisions pour l'économie mondiale demeurent sombres. La perspective d'un vaccin contre le corona disponible dans les prochains mois apporte de la confiance. Cependant, de nombreuses questions, telles que l'efficacité, les effets secondaires ou même le processus de vaccination restent encore sans réponse. L’élection du nouveau président américain engendre également de nombreux espoirs pour la reprise de l'économie mondiale. Cependant, les risques existant avant la crise sanitaire, tels que le brexit, les relations entre la Suisse et l’UE ou encore le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, sont toujours présents.

Évolution des taux d’intérêt

Légère hausse des taux d’intérêt sur les marchés des capitaux en novembre

Si les taux d'intérêt du marché des capitaux sont restés bas en octobre, ils ont montré une légère tendance à la hausse en novembre. Le taux à dix ans a, par exemple, augmenté de six points de base d'un mois à l'autre pour atteindre -0,30%. À -0,71%, l'échéance à court terme de deux ans a augmenté d'environ quatre points par rapport à fin octobre.

Taux indicatifs pratiquement inchangés pour les hypothèques à taux fixe

Les taux indicatifs, c'est-à-dire les taux hypothécaires moyens de 100 banques, compagnies d'assurance et fonds de pension, ont connu une évolution similaire, bien que moins marquée. L'hypothèque à taux fixe sur dix ans a augmenté de deux points de base pour atteindre
1,17%, et l'hypothèque sur deux ans d'un point pour atteindre 0,93%.

La diminution de la concurrence pour les volumes hypothécaires engendre une augmentation des meilleurs taux

Un développement intéressant peut être observé en regardant les meilleurs taux MoneyPark : la concurrence pour les volumes hypothécaires a diminué vers la fin de l'année. Cela est particulièrement évident pour le taux à dix ans, très populaire auprès des clients. Il a affiché une augmentation de 14 points de base pour s’établir à 0,79% en trois semaines et atteint ainsi presque le record annuel de 0,82% en juin 2020.

Prévision de l’évolution des taux

Le niveau des taux d'intérêt reste bas

En raison du développement économique actuel, les banques centrales n'ont d'autre choix que de poursuivre une politique monétaire extrêmement expansive pour les années à venir. Cela signifie que la Banque nationale suisse (BNS) devrait suivre la tendance. Dans le cas contraire, elle risque d'entraîner une forte appréciation du franc suisse, un ralentissement de l'économie d'exportation et une forte baisse des prix des importations. En conséquence, l'une de ses tâches les plus centrales, à savoir assurer la stabilité des prix en Suisse, serait compromise. Il est donc très probable que les taux d'intérêt resteront à leur niveau actuel extrêmement bas dans les mois à venir.

Évolution attendue pour les meilleurs taux des échéances longues

Si la deuxième vague s'affaiblit encore et que la perspective d’un vaccin se réalise, les caisses de pension et les fondations de placement en particulier pourraient à nouveau être plus présentes sur le marché avec des conditions attrayantes, et ainsi faire évoluer les meilleures offres. Le meilleur taux sur dix ans est actuellement supérieur de 27 points de base à celui de juillet 2020.

Comparer et négocier demeure essentiel

Solliciter plusieurs offres pour un crédit hypothécaire reste indispensable. La négociation des conditions par un spécialiste du marché peut aussi résulter en des économies de plusieurs milliers de francs par an. Il est également important de tirer profit des opportunité engendrées par la baisse des taux du marché des capitaux ou des offres spéciales des fournisseurs.

Recommandations

  • Rien n'indique actuellement que les taux d'intérêt hypothécaires vont augmenter. Une certaine volatilité est néanmoins attendue sous l’effet des incertitudes quant au déroulement à venir de la crise du coronavirus.
  • Si vous devez renouveler votre prêt hypothécaire au cours des prochains mois et que vous hésitez à choisir une durée plus longue, ne vous précipitez pas, mais comparez soigneusement les offres. Nous partons du principe qu'il y aura toujours des prestataires qui pratiqueront des tarifs inférieurs aux meilleurs taux actuels.
  • Lorsque vous sollicitez des offres, tenez compte non seulement des banques, mais aussi des assurances et des prêteurs alternatifs comme les caisses de pension ou les fondations de placement. Différents prestataires proposent des conditions contractuelles et des taux d’intérêt variables. Un examen attentif et détaillé en vaut la peine!
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