Etude sur le logement idéal 2022: Acheter une maison individuelle à la campagne demeure bien souvent un rêve lointain

par / 21 June 2022
Etude sur le logement idéal 2022

Les régions rurales demeurent l’environnement résidentiel privilégié par la population suisse. Près de 90% des personnes qui se sont installées à la campagne souhaitent y rester. La maison individuelle représente, cette année encore, le rêve immobilier le plus populaire, notamment parmi les jeunes. Voilà ce que révèle l’étude sur le logement idéal 2022 réalisée par MoneyPark, alaCasa et Helvetia. Chaque année, cette étude examine scrupuleusement quels sont les logements considérés comme idéaux par la population suisse.

Près de la moitié des personnes interrogées rêve de devenir propriétaire, mais beaucoup se heurtent au manque d’offres sur le marché immobilier ou au financement. Il n’est donc pas étonnant que les critères de financement actuels perdent en popularité. Sont heureux ceux qui vivent à la campagne, et plus encore ceux qui possèdent une habitation à usage propre. L’envie d’investir dans son propre logement est importante. Les mesures énergétiques telles que le chauffage, le photovoltaïque ou les stations de recharge pour voitures électriques ne font pas encore partie des priorités, mais elles ne cessent de gagner en importance.

La maison individuelle est, encore une fois, le rêve immobilier le plus populaire en Suisse. La valeur la plus élevée (64%) se trouve chez les personnes âgées de 25 à 30 ans. Et idéalement, cette maison se situe à la campagne: avec 48% d’opinions favorables, les régions rurales restent cette année encore le lieu de résidence le plus prisé. Près de 90% des personnes qui se sont installées à la campagne souhaitent y rester à l’avenir. La situation est bien différente pour la population urbaine, où seules 65% des personnes interrogées considèrent leur cadre de vie actuel comme leur lieu de résidence préféré. Les motifs financiers constituent l’obstacle le plus souvent cité (40%) pour renoncer à un déménagement. Et malgré l’augmentation du télétravail, le trajet pour se rendre sur le lieu de travail arrive encore en deuxième position de ces obstacles.

Le choix d’un logement dépend principalement des coûts et des espaces extérieurs, pas des possibilités de télétravail.

Le critère le plus important dans le choix d’un appartement ou d’une maison reste le coût du logement, suivi des espaces extérieurs. Les critères nouvellement intégrés, tels qu’une pièce séparée dédiée au télétravail ou les facteurs écologiques, ne sont que très peu cités comme étant déterminants, même si près de la moitié des personnes interrogées les considèrent tout de même au moins comme étant importants. La possibilité de charger une voiture électrique, les prestations de service ou les équipements luxueux n’ont quasiment aucune influence sur le choix d’un logement.

Pour ce qui est de l’emplacement, le bien immobilier idéal doit être calme (66%) et proche de la nature (66%). En outre, il doit être bien desservi par les transports publics (51%). Sur ce point, on constate peu de changement par rapport à l’année dernière. Le voisinage est jugé particulièrement important par 41% des personnes interrogées, ce qui propulse ce critère en quatrième position, soit deux places de plus que l’année dernière. Enfin, la proximité d’un établissement de soins médicaux gagne également une place au détriment de la proximité d’une crèche ou d’une école.

L’envie de devenir propriétaire est toujours aussi présente, mais elle se heurte le plus souvent au manque d’offres et au financement.

Près de la moitié des personnes interrogées (46%) aimeraient posséder un (autre) bien immobilier. Et ce souhait s’est encore renforcé chez les jeunes par rapport à l’année dernière. Cela est particulièrement vrai parmi les personnes actuellement en location: 62% d’entre elles rêvent d’acheter un logement. Or, pour beaucoup, la rareté de l’offre (58%) et les prix élevés (49%) font obstacle à ce projet. À cela s’ajoutent des critères de financement stricts, censés prévenir une surchauffe du marché immobilier, mais qui sont de plus en plus critiqués. En effet, 50% des personnes interrogées jugent que les critères en vigueur ne correspondent plus à la réalité actuelle et estiment qu’il devrait être possible d’acheter même avec des revenus plus faibles.

« Les prix de l’immobilier ont fortement augmenté par rapport aux salaires, ce qui, combiné aux règles de financement strictes fait que les nouveaux⋅elles acquéreur⋅euse⋅s ne peuvent aujourd’hui acheter leur premier bien qu’à 44 ans. Les couples et les jeunes familles se voient ainsi refuser l’accès à la propriété pour des raisons notamment liées, au système de financement. »

Martin Tschopp, CEO de MoneyPark.

Vivre à la campagne rend heureux, être propriétaire encore plus.

Sont heureux ceux qui possèdent déjà un logement en propriété. Deux tiers des propriétaires se disent très satisfait⋅e⋅s, contre un tiers seulement des locataires. Ce degré de satisfaction est à mettre en corrélation avec le coût du logement: si deux tiers des propriétaires allouent moins de 20% de leur revenu à leur logement, ce n’est le cas que pour un tiers des locataires. L’étude fait également ressortir que les habitant⋅e⋅s des régions rurales sont significativement plus satisfait⋅e⋅s de leur cadre de vie actuel (58% se disent très satisfaits) que les habitant⋅e⋅s des agglomérations et des villes (respectivement 45% et 41%). Par ailleurs, le degré de satisfaction est bien plus élevé en Suisse alémanique (53%) qu’en Suisse romande (40%), avec des valeurs maximales enregistrées en Suisse orientale (61%) et des valeurs minimales dans la région lémanique (39%).

Plus le degré de satisfaction est élevé, moins on a envie de vendre.

Les propriétaires d’une habitation à usage propre souhaitent la garder. En effet, seuls 3% des propriétaires interrogés souhaitent vendre leur bien immobilier dans les trois prochaines années. Et 15% prévoient la vente dans un délai de quatre à huit ans. Si l’on observe les différentes tranches d’âge, on constate que les intentions de vente proviennent surtout des propriétaires de moins de 40 ans (24%) et des retraités (23%). Le facteur principal qui retient de vendre est le degré de satisfaction par rapport à sa situation immobilière actuelle (73%). Le souhait de transmettre son logement à sa famille (31%), l’attachement émotionnel (30%) et la présomption que la valeur du bien immobilier continuera à augmenter (16%) poussent également les personnes interrogées à garder leur logement.

« L’intérêt de l’immobilier en tant que placement attrayant est bien connu parmi les particuliers. C’est ainsi que les immeubles hérités sont souvent mis en location et non vendus, ce qui renforce encore la pénurie de l’offre en logements en propriété. »

Roman H. Bolliger, CEO d’alaCasa.ch.

Plus d’un tiers des personnes interrogées (37%) mettraient en location un bien immobilier dont elles ont hérité et un autre petit tiers de ces personnes (29%) l’habiteraient elles-mêmes. Un peu moins d’un cinquième (19%) opterait pour une vente.

Une personne sur deux a investi de manière significative dans son logement au cours des deux dernières années.

Depuis le déclenchement de la pandémie de coronavirus début 2020, près de la moitié des propriétaires interrogés (47%) ont investi plus de CHF 10’000 dans leur logement. Un investissement sur cinq (20%) a été influencé par la pandémie, soit parce que le domicile a pris une place plus importante, soit parce que les restrictions imposées par le virus ont permis d’économiser de l’argent et d’investir dans son logement. Les investissements, qu’ils soient réalisés ou planifiés, montrent clairement que les espaces extérieurs privés ont gagné en importance: aucun autre domaine n’a fait l’objet d’autant d’investissements que le jardin ou l’espace extérieur (32%). Les salles de bains (28%) et les cuisines (27%) occupent les deuxième et troisième places, suivies de près par les travaux de peinture et de plâtrerie (26%) ainsi que les nouveaux revêtements de sol (25%). Et ce n’est pas fini: 54% des propriétaires prévoient d’investir considérablement dans leur logement au cours des trois prochaines années.

Toutefois, cela ne s’explique plus tant par la pandémie, qui n’est plus à l’origine que de 7% des investissements prévus. On constate en revanche une forte augmentation des installations photovoltaïques, lesquelles passent de 9 à 17%. De même, on constate une augmentation des projets d’installation de bornes de recharge pour les voitures électriques, de rénovations de façades, de nouvelles fenêtres et portes ainsi que des investissements dans le chauffage, la ventilation et la climatisation.

« Les investissements dans le logement en propriété illustrent parfaitement l’importance d’un examen global de la propriété du logement, de l’assurance et de la prévoyance. Ces investissements peuvent servir à augmenter la valeur d’un bien immobilier, ou tout simplement à se faire plaisir en tant que propriétaire. Et des travaux préservant la valeur du bien offrent également des avantages fiscaux puisque ces frais sont déductibles du revenu imposable. Mais au final, le montant investi n’étant plus disponible en liquidités, il faut par exemple réfléchir à la planification de la retraite. Et bien sûr, nous recommandons après tout investissement important de vérifier l’assurance – qu’il s’agisse d’une installation photovoltaïque ou d’une nouvelle cabane de jardin. »

Ralph Jeitziner, responsable Distribution Suisse chez Helvetia Assurances.

Les hypothèques vertes sont attrayantes, mais les connaissances font défaut.

Il reste à voir si la dépendance aux combustibles fossiles, sujet très discuté de nos jours, entraînera un nouvel élan d’investissement dans les mesures énergétiques. Aujourd’hui, seuls 7% des propriétaires interrogés bénéficient d’une hypothèque verte ou d’une réduction équivalente des taux d’intérêt hypothécaires. Près d’un cinquième des propriétaires interrogés (18%) ne savent pas si leur logement remplit les critères pour bénéficier d’une hypothèque verte. Seuls 11% d’entre eux déclarent que leur bien immobilier est éligible. Parmi ces personnes et toutes celles qui disposent déjà d’une hypothèque verte, 63% choisiraient (à nouveau) ce type d’hypothèque en cas de prolongation.

À propos de l’étude sur le logement idéal

L’étude sur le logement idéal de MoneyPark, alaCasa et Helvetia Assurances est la plus grande étude indépendante sur la satisfaction et les souhaits de la population suisse en matière de conditions de logement. Depuis 2015, cette étude examine une fois par an les aspects concrets du « logement idéal » en Suisse. 1’001 personnes résidant en Suisse ont été interrogées dans un sondage en ligne représentatif en février 2022.

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